Quand vous lancez votre entreprise, vous allez devoir choisir votre statut de dirigeant. Ce n’est pas juste une formalité administrative : ça influence vraiment votre quotidien, votre protection en cas de coup dur, ce qu’il vous reste en poche à la fin du mois et même votre retraite future.
Le problème ? Entre toutes les options possibles, on s’y perd vite. Alors on a décidé de vous expliquer tout ça simplement, pour que vous puissiez faire le choix qui vous correspond.
LE STATUT DU DIRIGEANT, CONCRÈTEMENT, C’EST QUOI ?
C’est votre position légale et sociale en tant que chef d’entreprise. Ça dépend surtout de deux choses :
- la forme juridique que vous choisissez (SAS, SARL, micro-entreprise, etc.)
- votre poids dans le capital (êtes-vous majoritaire ou non ?)
Et ça va décider pour vous :
- de quelle protection sociale vous bénéficiez
- combien vous payez de cotisations
- comment vous êtes couvert pour la santé et la retraite
- comment vous pouvez vous rémunérer
- comment vous êtes imposé
En France, on distingue principalement deux profils : le dirigeant assimilé salarié et le travailleur non salarié (TNS).
LE DIRIGEANT ASSIMILÉ SALARIÉ : LA SÉCURITÉ AVANT TOUT
Vous êtes concerné si vous êtes :
- Président de SAS ou SASU
- Directeur Général de SAS
- Gérant minoritaire ou égalitaire de SARL
- Vous cotisez au régime général de la Sécurité sociale, un peu comme un salarié(mais sans l’assurance chômage, attention).
Ce que ça vous apporte :
Vous bénéficiez d’une très bonne protection sociale, avec une couverture santé et retraite solide. Le revers de la médaille. Les cotisations sont élevées, environ 70 à 80 % de votre rémunération nette. Ça coûte cher à votre entreprise, et vous n’avez pas droit au chômage malgré tout.
LE TRAVAILLEUR NON SALARIÉ (TNS) : PLUS DE SOUPLESSE, MOINS DE FILET
C’est le cas si vous êtes :
- gérant majoritaire de SARL
- entrepreneur individuel
- gérant associé unique d’EURL
Vous dépendez de la Sécurité sociale des indépendants (SSI).
Les bons côtés. Vos cotisations sont nettement plus légères (autour de 40 à 45 % seulement). Du coup, vous gardez plus de trésorerie et vous avez plus de liberté sur votre rémunération.
Ce qu’il faut savoir !
Votre protection sociale est moins généreuse, surtout pour la retraite mais même en cas d’absence de rémunération l’entrepreneur cotise un minimum ce qui assure à celui-ci une couverture prévoyance et santé minimum et valide 3 trimestres par an ce qui n’est pas le cas pour un régime salarié.
Le dirigeant peut compléter sa couverture avec des assurances facultative.
ALORS, COMMENT CHOISIR ?
Posez-vous les bonnes questions :
- j’ai besoin de combien de protection sociale ?
- je préfère optimiser mes charges ou ma sécurité ?
- mon activité est stable ou je prends des risques ?
- quelle trésorerie j’ai à disposition ?
La vérité, c’est qu’il n’y a pas de «meilleur» statut. Contrairement à ce qu’on lit souvent, ce n’est pas juste une question de protection sociale contre optimisation fiscale. C’est plus subtil que ça.
Vous pourriez préférer l’assimilé salarié si :
- Vous avez des projets personnels importants (achat immobilier, crédit) où un statut «salarié» rassure les banques
- Vous avez une santé fragile ou des besoins médicaux réguliers
- Vous pensez à long terme pour votre retraite et voulez capitaliser davantage
- Votre entreprise génère déjà un bon chiffre d’affaires et peut absorber les charges
- Vous cherchez à attirer des investisseurs qui apprécient ce type de structure
- Vous avez une famille à protéger et la sécurité prime
Vous pourriez préférer le statut TNS si :
- Vous lancez votre activité et avez besoin de préserver votre trésorerie au démarrage
- Vous prévoyez une rémunération modeste les premières années
- Vous avez déjà une protection complémentaire (conjoint salarié, mutuelle familiale solide)
- Votre activité génère des revenus irréguliers et vous avez besoin de flexibilité
- Vous visez une rentabilité maximale à court terme
- Vous souhaitez compléter vous-même votre protection avec des assurances privées
Et ce qu’on oublie souvent de dire :
Le statut peut évoluer ! Vous pouvez commencer en TNS pour économiser au démarrage, puis basculer vers assimilé salarié quand votre activité décolle. Ou l’inverse si vous voulez optimiser une fois l’entreprise bien établie.
Certains entrepreneurs combinent même les deux en créant plusieurs structures ou en se versant des dividendes en complément d’un salaire.
Le vrai critère de choix ? C’est votre situation personnelle globale : votre âge, votre situation familiale, votre patrimoine, vos projets, votre tolérance au risque, et surtout la santé financière de votre entreprise.
Un dirigeant de 55 ans qui pense à sa retraite n’aura pas les mêmes priorités qu’un entrepreneur de 30 ans qui lance sa première boîte avec peu de moyens.
Les erreurs qu’on voit souvent !
Beaucoup d’entrepreneurs choisissent leur forme juridique sans vraiment réfléchir au statut social qui va avec. D’autres sous-estiment le poids des cotisations ou négligent leur protection sociale. Et puis, il y a ceux qui copient simplement ce qu’a fait un ami entrepreneur, sans regarder si ça leur correspond.
NOTRE CONSEIL
Le statut de dirigeant, ce n’est pas qu’une question administrative. Ça touche à votre qualité de vie, votre tranquillité d’esprit et votre avenir.
Avant de vous décider, prenez le temps d’en parler avec un expert-comptable ou un conseiller en création d’entreprise. Faites des simulations, comparez plusieurs scénarios.
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